La relaxation de fin de séance est-elle nécessaire ?

Une séance de yoga se finit habituellement par un temps de relaxation, souvent en position allongée, parfois en position assise si celle-ci est possible.

Un temps de repos après l’activité posturale ?

C’est le moment préféré des pratiquants et pratiquantes, celui qu’ils ont attendu parfois pendant toute la séance. Se relâcher au sol après s’être activé sur le tapis est d’un grand réconfort, selon l’adage qui nous conditionne fortement : après l’effort, le réconfort. Adage que l’on peut rapprocher d’un autre selon lequel après la pluie, le beau temps : cette idée que non seulement, comme tout change, tout s’arrête, même le pire, mais aussi que le second est largement mérité, après qu’on a enduré le premier !

Certes, la position allongée permet un abandon du corps, une détente sans condition, une dé-tension des muscles, un relâchement complet de notre « matière corporelle », dans la position de śavasana, la posture du cadavre – qui est l’image même du repos éternel (où le corps pèse beaucoup plus lourd que vivant), mais…

Quelle est mon attitude vis-à-vis de la relaxation ?

Si une séance ne se termine pas par cette phase de relaxation, comment vais-je réagir ? Aurais-je l’impression d’une séance incomplète, serais-je frustré.e ? Est-ce un appui à ma pratique ? Suis-je attaché.e à ce moment ?

Et encore : se relâcher au sol est-il une justification des efforts précédents ? Les efforts de ma pratique ne sont-ils tournés que vers ce que je considère comme une récompense ? Quelle dépendance ai-je avec ce temps ? Est-ce un passage obligé ? Que « fais »-je pendant ce temps ? 

Et enfin : pourrais-je le vivre seul, ou suis-je tributaire du guidage du professeur ?

Des pistes de réflexion

Comme tout élément de la séance, la relaxation vise un objectif, qui n’est pas toujours le même pour la personne qui guide et pour le pratiquant.

La relaxation, c’est aussi bien :

  • Le relâchement physique après les efforts musculaires et la concentration de l’esprit.
  • L’état de détente complète physique et psychique obtenu par ce relâchement.
  • Un retour à l’équilibre de tout le système.
  • Une (re)mise en liberté de tout l’être, sa « relaxe » et son « élargissement » au sens quasi juridique des termes.

Elle favorise alors un état d’écoute intérieure, de perception attentive : La relaxation du corps jointe à la détente et au silence de l’esprit permettent la réalisation d’une grande attention (R. Linssen, Le Zen, 1969, p. 188).

Elle est ainsi le moment du bilan intérieur après la pratique, l’observation du « comment je me sens vraiment », qui permet de passer par les perceptions sensorielles, sans faire intervenir l’analyse du mental. Elle est aussi une porte d’entrée vers la méditation, que l’on pourra pratiquer en position assise, cet état de grande disponibilité d’esprit qui ouvre au silence intérieur.

Elle permet enfin un retour au monde extérieur et la poursuite des activités dans un état de grande attention et de disponibilité, parce qu’est ouverte la possibilité de se sentir « rassemblé ».

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